Bonsoir les aviateurs ! Chaque dimanche soir, Des Ailes et des Plumes vous donne à lire ou relire un morceau de littérature aéronautique, vous offre une immersion dans l'histoire de l'aviation et vous partage enfin les bonnes nouvelles de la filière aéro. Nous avons rendez-vous aujourd'hui avec un ancien kamikazé.
Antoine de Saint-Exupéry écrivait dans Pilote de Guerre les mots suivants : “On sacrifie les équipages comme on jetterait des verres d’eau dans un incendie de forêt. Comment pèserait-on les risques quand tout s’écroule.” Elle correspond parfaitement à l’histoire des kamikazés, ces pilotes japonais qui s’écrasaient contre les navires américains durant la fin du guerre du Pacifique, un geste désespéré mais empreint du sens de l’honneur si emblématique dans l’histoire du Japon. L’un d’entre eux, Ryuji Nagatsuka, a fait partie de ces escadres de pilotes-suicide. Un Américain, en l’abattant à la toute fin de la guerre, l’a empêché de se crasher sur un bateau de guerre et lui a donc, paradoxalement, sauvé la vie. En 1972, cet aviateur japonais a décidé de publier ses mémoires sous le titre J’étais un kamikaze. Dans un témoignage bouleversant, ce passionné de littérature française raconte l’enfer de l’entraînement physique et moral qu’il a subi pour être prêt à faire le sacrifice de sa vie au service de l’Empire du Japon.
Le manuel de pilote de 88 pages, qui est distribué aux pilotes des “attaques spéciales”, précise que quelques fractions de seconde avant l’impact, le pilote verra sans nul doute le visage de sa mère. Aussi, au moment de l’impact, des cris de joie s’élèveront dans le sanctuaire parmi ses camarades morts. Jusqu’à cet instant-là, le manuel commande aux pilotes de faire corps avec leur avion, et de chérir ce dernier jusqu’à lui susurrer des mots d’amour. Littéralement, kamikazé est un mot composé japonais, signifiant vent divin. En Occident, nous sommes plutôt amenés à penser qu’il n’y a absolument rien de divin dans cette quête de mort. Nous voici donc dans la tête d’un kamikazé prêt à se lancer dans son ultime attaque.
“Depuis quelques heures, le commandant allait et venait entre la salle provisoire de la météo et son bureau de fortune, comme si quelque chose d’extraordinaire devait se produire.
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