Bonsoir les aviateurs ! Chaque dimanche soir, Des Ailes et des Plumes vous donne à lire ou relire un morceau de littérature aéronautique, vous offre une immersion dans l'histoire de l'aviation et vous partage enfin les bonnes nouvelles de la filière aéro. Aujourd'hui, un premier vol en solitaire nous est conté ainsi que son effet sur notre âme.
Daniele Del Giudice est l’un des romanciers les plus récompensés en Italie. Disparu en 2021, il était aussi un pilote accompli. L’auteur vénitien a ainsi écrit en 1994 une ode à l’aviation sous le titre, Quand l’ombre se détache du sol. Chacun des huit chapitres est un moment suspendu où le lecteur est plongé dans le corps et l’âme d’un pilote qui réalise son premier vol en solo. Nous percevons la peur d’abord, du vide, du crash, de ce point de bascule où le pilote se retrouve seul comme un équilibriste entre le ciel et la terre. Nous observons ensuite le sentiment d’excitation du pilote, ce désir irrépressible de tutoyer les nuages, ce sentiment d’avoir retrouvé toute l’étendue de l’imagination de son enfance dans ce nouveau terrain de jeu immense qu’est le ciel. Nous comprenons enfin qu’un vol est une métamorphose, à travers laquelle le pilote choisit d’élever son âme.
La fin du livre offre un parallèle saisissant avec le dernier vol d’Antoine de Saint-Exupéry qui apparaît comme un guide spirituel pour tous les pilotes en devenir. Avec ce conte pour adultes, Daniele Del Giudice complète ainsi la liste des écrivains-aviateurs pour qui le pilotage est une philosophie de vie, aux premiers rangs desquels nous retrouvons bien sûr Saint-Ex mais aussi un autre Italien célèbre, Gabriele D’Annunzio. Mais j’aurais l’opportunité d’en vous parler à une autre occasion.
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