Bonsoir les aviateurs ! Chaque dimanche soir, Des Ailes et des Plumes vous donne à lire ou relire un morceau de littérature aéronautique, vous offre une immersion dans l'histoire de l'aviation et vous partage enfin les bonnes nouvelles de la filière aéro. Ce dimanche, nous avons rendez-vous au siècle des nuages.
La semaine passée, nous évoquions la relation d’un aviateur avec sa mère, à travers la figure de Romain Gary. Cette fois, nous explorons la relation d’un fils avec un père aviateur, à travers le roman d’autofiction Le Siècle des nuages de Philippe Forest, publié en 2010. “Un fils est pour un père comme un miroir où il se revoit lui-même; et, pour le fils, le père est comme un miroir où il se voit dans l’avenir.”, écrivait Kierkegaard. Ce miroir est omniprésent dans le livre tout comme un autre miroir, celui de l’épopée aéronautique. L’écrivain raconte ainsi sa relation avec son père, pilote de chasse dans l’armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale, puis pilote de ligne, en épousant toute l’histoire de l’aviation.
Le père de l’auteur a façonné une saga familiale empreinte de l’esprit des pionniers des airs, à savoir une vision d’un monde ouvert et plus fraternel grâce à l’aviation. Dans ce roman fleuve, épais comme l’est l’histoire de l’aviation, le lecteur voyage en compagnie d’illustres ambassadeurs du ciel comme Lindbergh, Mermoz et bien sûr Saint-Ex. Quant au style, il évoque Proust et ses phrases interminables. Certains apprécieront, d’autres moins mais il y a un peu de cela chez Philippe Forest. N’est-ce pas d’ailleurs ce même Proust qui, dans La Recherche, racontera avec émotion ses premières impressions sur l’aviation: “et je vis à une cinquantaine de mètres au-dessus de moi, dans le soleil, entre deux grandes ailes d’acier étincelant qui l’emportaient, un être dont la figure peu distincte me parut ressembler à celle d’un homme. Je fus aussi ému que pouvait l’être un Grec qui voyait pour la première fois un demi-Dieu. Je pleurais aussi, car j’étais prêt à pleurer, du moment que j’avais reconnu que le bruit venait d’au-dessus de ma tête - les aéroplanes étaient encore rares à cette époque - à la pensée que ce que j’allais voir pour la première fois c’était un aéroplane.”
...