Bonsoir les aviateurs ! Chaque dimanche soir, Des Ailes et des Plumes vous donne à lire ou relire un morceau de littérature aéronautique, vous offre une immersion dans l'histoire de l'aviation et vous partage enfin les bonnes nouvelles de la filière aéro. Cette semaine, rendez-vous avec un génie de la littérature américaine, William Faulkner.
Avec Pylône, William Faulkner signe en 1935, un an avant son chef d’œuvre Absalon, Absalon !, un roman qui défie en tous points toute son œuvre littéraire. Lui-même le désigne comme “anti-faulknérien”. Mais il a le mérite de nous offrir une aventure originale sur les champs d’aviation du sud de l’Amérique, au temps où les meetings aériens étaient des arènes dans lesquels les pilotes rivalisaient d’audace et de témérité pour réaliser de folles acrobaties. La foule s’y massait comme on va à la corrida parce qu’il n’était pas rare, à l’époque, que ces cirques volants se transforment en mise à mort du pilote.
“La voix était ferme, plaisante, assurée ; elle était réputée en Amérique pour ses commentaires des meetings aériens, comme d’autres pour le football, la musique ou les combats de boxe. Pilote lui-même, le speaker debout, émergeant à mi-cuisse d’entre les casquettes et les cuivres de l’orchestre, au-dessus des places réservées, nu-tête, en veston de tweed presque un peu trop élégant et qui rappelait l’avenue d’Hollywood un rien plus que celle de Madison, portant à la boutonnière le modeste insigne ailé d’une bonne et solide association de pilotes, légèrement tourné pour faire face aux sièges des loges, parlait dans le micro tandis que les avions approchaient en grondant, viraient autour du pylône du terrain d’aviation, et s’éloignaient de nouveau en ordre irrégulier.
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